Même s’il appartient à un autre genre, l’espèce avec laquelle on a le plus de risque de le confondre Trithemis kirbyi mâle est Brachythemis lacustris, aussi présent en Éthiopie, mais que je n’ai pas rencontré. Mais ce dernier exhibe des ptérostigmas bicolores, un abdomen plus large et des yeux bruns, non rouge brillant comme ici.
Il se différencie aussi de Trithemis arteriosa par l’absence de taches sombres sur les parties latérales des derniers segments abdominaux. Les taches alaires sont aussi moins étendues et la veination moins flamboyante…
Il mesure en moyenne 33 mm et n’est pas difficile quant à son habitat ; que les eaux soient dormantes ou faiblement courantes, que l’habitat soit naturel ou un bassin en béton (comme ici au Rajasthan) ou un abreuvoir, il est capable d’accomplir son cycle reproductif sans encombre ce qui explique la facilité avec laquelle il se disperse et est finalement arrivé en France à l’été 2017 (j’ai d’ailleurs eu la chance et le plaisir d’identifier le premier spécimen publié sur le Web) après avoir remonté l’Espagne en une dizaine d’années. Il y a été revu en 2018 sans qu’il y ait de preuves sédentarisation ou de reproduction. À ce sujet, lire » Premières mentions de Trithemis kirbyi (Odonata : Libellulidae) en France « , Martinia, tome 33 (fascicules 1 et 2) : 15- 25.
Son aire de distribution est gigantesque, depuis l’Afrique du Sud jusqu’en France à l’ouest (individus observés en 2017 & 2018, pas de preuve d’autochtonie), et à travers le Moyen-Orient et l’Inde jusqu’au Myanmar.
IUCN Red List
J’ai eu quelques difficultés à identifier les femelles, craignant que ce soit une autre espèce de Trithemis car celles que j’ai vues étaient isolées, pas de mâles aux alentours.
Connaissant mal les femelles T. kirbyi et annulata, j’avais peur de les confondre. Les motifs thoraciques sont cependant bien différents ; alors que T. annulata montre des traits épais, très obliques en arrière et dont les sommets se confondent presque en une bande horizontale, les lignes sombres des femelles T. kirbyi sont plus fines, plus verticales, et les deux plus postérieures se rejoignent en haut.
L’abdomen de T. kirbyi est marqué des 2 fortes lignes sombres parallèles peu apparentes sur S4 et S3, alors que l’abdomen de T. annulata n’en montre que sur les premiers segments.
Enfin, les pattes de T. annulata sont complètement noires, celles de T. kirbyi montrent plus ou moins de jaune, en particulier sur les tibias, et ne sont jamais totalement noires.
J’ai vu finalement pas mal de femelles Libellulidae isolées, car par la force des choses, saison sèche oblige, je me suis souvent retrouvé loin de l’eau, là où ces femelles ont enfin la paix et ne sont pas harcelées par les mâles.
Cet article fait partie des odonates observés en Éthiopie, pour revenir à la page des Odonates d’Éthiopie cliquer ici.